Avant de partir, Kofi Annan met les choses au clair!

Publié le par Jules BOYADJIAN

En guise d’adieu, le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, Kofi Annan, a enfin pris des positions claires et rassurantes à l’encontre de l’administration américaines, au regard des manquements importants en matière de Droit de l’Homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. De même il a critiqué l’intervention américaine en Irak – pour laquelle il avait toujours émis une certaines rigueur, doit-on souligner. Pour autant, le timming choisi par Kofi Annan, à savoir trois semaines avant l’expiration de son mandat, révèle, avec encore plus de conviction, un problème majeur dans la structure censée régler mener un arbitrage international, à savoir son autonomie à l’égard des Etats-Unis d’Amérique. En effet, il y a fort à croire que, Kofi Annan, n’a pas été foudroyé par la clairvoyance, ce lundi 11 décembre au matin, jour de son discours, au contraire, il y a fort à parier que le Secrétaire Général des Nations-Unies, entretenait en lui une profonde frustration, qu’il a pu évacuer seulement lors des dernières heures de son mandat de 10 ans. D’ailleurs rien était laissé au hasard pour cette intervention qui sanctionne l’aventurisme américain en Irak. Le Secrétaire Général en exercice, des Nations-Unies s’est donc exprimé depuis la bibliothèque présidentielle Harry Truman, à Independence dans le Missouri. Entre autre, M. Annan, a clairement montré sa préférence pour le promoteur de la politique du containment, successeur de Franklin D. Roosevelt, dont il a rendu hommage en considérant qu’il s’agissait d’un « champion de l’organisation (des Nations-Unies) dans ses premières années » en citant même à dessein, l’ancien Président américain, pour qui « la responsabilité des grands Etats est de servir le monde et non de dominer, les peuples du monde ». il ne fait aucun doute qu’il s’agissait d’une citation dédié au Président Bush. 

 

 

Kofi Annan a poursuivi en affirmant que les Etats-Unis « ont historiquement été à l’avant-garde du mouvement des droits de l’Homme » tout en prévenant que « ce leadership ne peut être maintenu que si l’Amérique reste fidèle à ses principes, y compris dans la lutte contre le terrorisme » et de poursuivre « lorsqu’ils semblent abandonner leurs propres idéaux et objectifs, leurs amis çà l’étrangers sont naturellement troublés. » Pour conclure au sujet d’une guerre en Irak qu’il avait toujours considérée comme étant « illégale », et en guise de coup de grâce, le Secrétaire Générale des Nations-Unies n’a pas ménagé le Président américain en déclarant qu’ « aucun pays ne peut assurer sa sécurité en tentant d’imposer sa suprématie à tous les autres ».

A aucun moment, Kofi Annan n’a mentionné le conflit armé en Irak, ni la prison de Guantanamo, mais les sous-entendus étaient assez fort pour que le doute de puisse être permis. De même pour le Président Bush, qui n’a jamais été nommé lors de ce discours, signe du dédain que porte le Président des Nations-Unies à son égard, alors que le Président Truman fut à mainte reprises honoré, et la comparaison fut entretenue jusqu’au terme de ce discours, où il déclara : « Vous Américains, avez fait tant , au cours du siècle dernier, pour bâtir un système multilatéral efficace, avec les Nations-Unies à son cœur. En avez-vous moins besoin [en référence au mépris du Président Bush à l’égard du veto du Conseil de Sécurité lors du conflit en Irak], et a-t-il moins besoin de vous qu’il y a soixante ans ? […] Pour fonctionner, ce système a désespérant besoin d’un leadership américain clairvoyant, dans la tradition de Truman. Je prie pour que les dirigeants américains d’aujourd’hui et demain le fournissent. »  

 

Bien évidemment on peut s’indigner que ces paroles remplies de justesse analytique quant à la situation du monde, n’intervienne qu’en fin du mandat, sans véritables conséquences. Mais la responsabilité n’en incombe pas seulement au Président des Nations-Unies. Peut-être aurait-il été bon que les puissances politiquement sereines, et internationalement dépourvues de dimension impérialiste, et avant tout l’Europe, s’organise pour représenter un véritable contre-poids à l’hégémonie américaine ?

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