Le spectre d'une nouvelle Intifada

Publié le par Jules BOYADJIAN

Dans une conférence de presse donnée en exil du Caire, le chef du Bureau Politique du Hamas, a menacé la communauté internationale d'une troisième Intifada, si une résolution du conflit, incluant un Etat palestinien, délimité par les frontières de 1967, n'intervenait pas dans les six mois. Alors que le Liban voisin s'enlise dans des conflits permanents, que l'Irak vit au rythme des attentats, et que l'Iran ne cesse d'être décrié pour ces déclarations belliqueuses et ses aspirations nucléaires, cette nouvelle annonce laisse entrevoir une nouvelle explosion, d'une région qui avait besoin de tout... sauf de ça. En effet, le Hamas a décidé d'hausser le ton. Au pouvoir depuis les élections légilsatives de janvier, le Mouvement de résistance islamique a interpellé la communauté internationale.

 

"Nous donnons six mois à la communauté internationale pour [trouver] un véritable horizon politique. Il y a une véritable opportunité politique pour un Etat palestinien dans les frontières de 1967" a déclaré Khaled Mechaal du Caire. "Si nos demandes ne sont pas remplies, le peuple palestinien suspendra toute initiative politique et lancera une troisième Intifada et un conflit ouvert. [...] La victoire dans ce conflit nous reviendra" a-t-il conclu.

 

 

Ce n'est pas l'objectif final qui est a décrié. Bien évidemment, le peuple palestinien a un droit naturel à avoir un Etat viable et les frontières de 1967 semblent être tout à fait raisonnables. Par contre, l'ultimatum, fixé par le Hamas, peut s'avérer in fine contre-productif, puisqu'il pourrait attiser les fondamentalismes de part et d'autres. "Nous refusons ce que les autres ont fait: des négociations par étapes ou une déclaration de principes." a notamment expliqué le chef islamiste palestinien, lors de cette conférence de presse. Tandis que le peuple souffre de la mise en quarentaine de l'autorité palestinienne, en réaction à l'élection du Hamas, cette annonce, qui rompt toute espérance d'une progression sereine, par étape, en vue d'une véritable résolution juste, équitable pour les deux partis, du conflit, pourrait déclencher des hostilités terribles et dévastatrices.  

 

Depuis janvier 2006 et sa victoire aux élections légilsatives, le Hamas a un devoir de responsabilité, non seulement envers son peuple, mais également envers la communauté internationale. Cette responsabilité doit le conduire à accepter l'existence d'un Etat israélien, auquel cas, toute tentative de résolution du conflit échouera. A l'échelle nationale, sans remettre en cause la légitimité de ses représentants au gouvernement, le Hamas doit accepter, pour le bien de son peuple qui subit les effets du boycottage politico-financier international - certes contestable mais tout du moins réel - de concéder quelques porte-feuilles ministérielles en vue de composer un gouvernement d'Union Nationale capable de subvenir aux besoins vitaux du peuple tout en préservant l'objectif final, à savoir l'édification d'un Etat palestinien souverain et viable. Malheureusement, ces récentes menaces de la part des dirigeants du Hamas ainsi que l'échec prévisible quant à l'élaboration d'un gouvernement incluant également le Fatah, parti du Président Abbas, laissent présager une détérioration explosive d'un Proche-Orient plus que jamais ancré dans un conflit permanent d'une violence totale.

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