Arménie-Darfour: le cycle infernal des génocides

Publié le par Jules BOYADJIAN

Arménie-Darfour des cultures différentes, mais des destinées identiques. Souffrance, torture, des femmes violées, les enfants martyrisés, les nouveaux-nés égorgés et des marches, des marches à n’en plus finir avec comme destination commune, la mort. Le vingtième siècle aura vu naître les pires horreurs de l’histoire de l’Humanité. Le génocide, où l’art de mettre l’intelligence scientifique au service de la destruction systématique, minutieusement planifiée, rigoureusement réalisée, en vue d’atteindre le massacre parfait, sans survivant. Alors oui, il en existe toujours, les chambres à gaz n’ont pas accueilli tous les juifs, tout comme certains Arméniens ont évité les camps de concentration à ciel ouvert de Mésopotamie. Mais l’échafaud des peuples, invention diabolique de ce siècle, a frappé, encore et encore. Jeunes-Turcs, Nazis, Khmers Rouges et Hutus s’en sont servis, avec les mêmes motivations et la même réussite. Et maintenant le Darfour. Cette petite région au Sud-Soudan qui vit depuis 2003 une intensification de la violence préméditée, un véritable nettoyage ethnique dont la nature génocidaire du crime semble difficilement contestable.

 

Ce qui frappe, c’est l’analogie parfaite de ces crimes. Une organisation fortement centralisée, avec des milices libres de toutes les exactions, des déportations, des camps de la mort et une négation outrageuse des évènements. Comme si les génocides avaient servi d’exemple les uns aux autres. Comme si les architectes de ces crimes s’étaient concertés pour frapper selon leur haine, une part de l’Humanité. Les générations éclairées par la démocratie, sensées défendre une conception humaniste et fraternelle des peuples, ne peuvent rester insensibles à cette souffrance. En 1994, lors du génocide des Tutsis, la communauté internationale, témoin des massacres est restée impassible devant l’horreur. Ce silence presque complice ne peut plus être toléré. La fraternité ne peut se limiter à un ornement constitutionnel. Chacun est responsable du devenir de l’Humanité ! Les démocraties doivent faire leur travail de mémoire, reconnaître et réparer les génocides passés, combattre les bourreaux d’aujourd’hui et préparer les peuples face aux perversions du genre humain. Car ne nous trompons pas, les démons de demain apparaîtront si l’on ne condamne pas fermement leurs ancêtres. Force nous est de constater, avec un certains cynisme il est vrai, que les Nazis ont bénéficier de l’effet de surprise pour effectuer leur œuvre. Si les peuples n’ont pas retenu les enseignements de 1915, Hitler, a étudié le cas arménien au point de s’en est inspiré pour abattre sa fureur antisémite sur le peuple juif. De même on peut se demander si le gouvernement de Kartoum agirait avec si peu de retenu sur les populations du Darfour, si les instances internationales étaient intervenues pour mettre un terme à l'extermination des Tutsis du Rwanda.

 

Les peuples doivent être informés pour prendre conscience de la souffrance et de l’urgence de la situation, réclamer des comptes à leurs responsables nationaux et exiger une action de terrain pour venir en aide aux populations en état d’alerte.

 

 

Tout le monde est responsable du devenir de l’Humanité, mais au nom de la solidarité des peuples ébranlés, Arméniens, Juifs, Rwandais, vous avez la responsabilité d’agir pour que ce que votre peuple a vécu, les populations du Darfour ne le vivent pas. Le cycle des génocides doit prendre fin et le Darfour doit être sauvé.

Publié dans Génocides

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Toots 26/03/2007 18:47

Pour un article de qualité sur ce sujet:
http://www2.paris.msf.org/site/actu.nsf/actus/darfouritwgab230307

En quoi la description de la situation au Darfour faite par le collectif Urgence Darfour est-elle erronée ?
Aujourd'hui, parler de massacres de grande ampleur, de génocide, de famine et d'épidémies massives dans une région privée d'assistance est totalement à contretemps.

Elsa 24/03/2007 11:46

Exellent article.