Darfour: le début d'une réponse internationale

Publié le par Jules BOYADJIAN

Le 16 novembre dernier, le Secrétaire Général des Nations-Unies, Kofi Annan, avait proposé l'élaboration d'une force internationale hybride composée de soldats de l'Organisation des Nations Unies et d'autre de l'Union Africaine, ce qui impliquait le déploiement de 10 000 hommes au Darfour. Le 29 novembre dernier, une réunion de l'Union Africaine a renouvelé de 6 mois, le mandat des 7 000 soldats, formant l'armée africaine. Cette coopération pourrait permettre d'apporter enfin une aide vitale aux populations du Darfour, alors que le régime Soudanais s'entête à s'opposer à l'envoi de contingents de Casques Bleus. Rappelons par ailleurs, que l'ONU avait statué en août 2006 au travers de la résolution 1706, sur la mise en place d'une force internationale de la paix. L'Union Africaine, composée de 15 membres (l'Algérie, le Botswana, le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, l'Egypte, l'Ethiopie, le Gabon, le Ghana, le Malawi, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l'Afrique du Sud et l'Ouganda) a un rôle prépondérant a joué dans cette affaire, puisqu'elle peut - et doit - exiger plus que les vagues explications intolérables développées par Khartoum. Même s'il semblerait que la force hybride ne soit pas suffisante pour mettre un terme au désastre humain que constitue la situation au Darfour, celle-ci devra apporter une protection aux populations locales, sans cesse menacées, mais également aux travailleurs humanitaires qui représentent également des cibles pour les milices janjawids. De même, le gouvernement du Tchad ne peut plus continuer de soutenir les rebelles darfouriens qui en profitent pour mener des exactions inacceptables en matière de Droits de l'Homme.

D'ailleurs, l'envoi de troupes de l'ONU ne peut pas suffir. Il est nécessaire d'ajouter à cela une action diplomatique de grande ampleur. Tout d'abord,  dans la mesure où le gouvernement de Kartoum est directement impliqué dans ce crime contre l'Humanité, les instances internationales doivent absolument étendre l'embargo sur les armes, décrété par la résolution 1591 du Conseil de Sécurité de l'ONU, à tout le Soudan et non plus seulement au Darfour. De même des sanctions ciblées, à l'encontre des dirigeants soudanais qui s'opposent au déploiement de la force de l'ONU, doivent être effectuées. Ces mesures sont nécessaires tant la situation au Darfour semble préoccupante.

En effet depuis février 2003, au moins 200 000 Darfouriens ont trouvé la mort en raison de manoeuvres dirigées initalement contre des insurgés, opposés au gouvernement, mais qui évoluent de jour en jour en un véritable crime contre l'Humanité. Les massacres, viols et attaques perpétrés à grande échelle par les forces gouvernementales soudanaises et les milices janjawids, ont forcé deux millions de personnes à se réfugier dans des camps... qui n'offrent aucune garantie de sécurité, turies et viols demeurant inéluctablement. Seule une réponse internationale, sur le terrain du Darfour contre les milices janjawids, et diplomatiquement contre le gouvernement soudanais, permettra de trouver une issue à ce Crime contre l'Humanité intolérable.

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