Reconnaissance du génocide Arménien: Les Parelmentaires argentins à l'oeuvre

Publié le par Jules BOYADJIAN

Alors que le combat pour la reconnaissance internationale du génocide arménien vit des heures déterminantes, l'Argentine par la voix de ses Parlementaires de la Chambre des Députés, ont entamé, ce vendredi 29 novembre, une nouvelle procédure de reconnaissance. En effet, après avoir subi des pressions incessantes de la part d'Ankara, relayées par la Présidente du groupe d'amitié Argentine-Turquie à la Chambre des Députés, les Parlementaires argentins ont tout d'abord choisi de repousser ce vote à une date ultérieure. Toutefois après une forte action de sensibilisation, quant à la nécessité d'adopter une telle loi, menée par le Comité de Défense de la Cause Arménienne d'Argentine, le vote a finalement été soumis à l'ordre du jour, lors de la séance du 29 novembre dernier. Tout au long des débats, des messages très forts de Députés convaincus se sont enchaînés, si bien que la loi a très largement été adoptée à une majorité de 175 pour et seulement 2 abstentions.

Cette proposition est d'autant plus forte qu'elle consacre le 24 avril comme "jour de la tolérance et de respect entre les nations", afin de préserver les populations avenir d'un destin similaire. De même, les étudiants et autres travailleurs ou employés d'origine arménienne sont autorisés à ne pas se rendre à leur lieu de travail, le jour du 24 avril, afin d'honorer la mémoire des victimes du génocide lors des commémorations organisées à cette occasion.

En réalité, il ne s'agit pas d'une première en Argentine. L'Amérique du Sud a très vite était sensibilisée à la question, particulièrement l'Uruguay dont le Parlement fut le premier à reconnaître le génocide arménien, lors de la séance du 20 avril 1965 - avant qu'une loi fut finalement adoptée en 2004. De même en Argentine, la Chambre des Députés et le Sénat ont très souvent adopté des résolutions reconnaissant le génocide arménien. A la Chambre des Député tout d'abord, le 17 avril 1985 et le 24octobre 2001, au Sénat ensuite, le 19 juin 1985, le 5 mai 1993, le 11 avril 2002, le 20 août 2003 et le 31 mars 2004. En résumé, les deux chambres ont indépendamment et par des résolutions très fortes reconnues le génocide arménien, mais aucune loi en la matière n'a franchi les deux chambres tout en évitant le veto présidentiel, pour être adopté en tant que loi.

En somme cette procédure est une nouvelle opportunité de faire adopter une loi sur le génocide arménien, dans un pays où la sensibilisation politique et sociétale sur la question est déjà totale.

Publié dans Génocides

Commenter cet article