Que les dictateurs sud-américains s'expliquent!

Publié le par Jules BOYADJIAN

Au cœur des années soixante-dix, au temps des dictatures sud-américaines, un vaste réseau de coopérations internationales en Amérique latine, visant à liquider tout opposant au pouvoir autoritaire, se met en place sous le nom de l’Opération Condor. Lors de cette vaste entreprise MM. Zelmar Michelini et  Héctor Gutiérrez Ruiz respectivement, Sénateur et Président de la Chambre des Représentants de l’Uruguay, furent torturés puis assassinés à Buenos Aires en 1973, alors qu’ils recherchaient l’exil politique. Enfin la justice uruguayenne a décidé le 16 novembre dernier, de poursuivre en justice les commanditaires de cet exécution autoritaire à savoir M. Juan María Bordaberry, ancien dictateur uruguayen entre 1973 et 1976, et M. Juan Carlos Blanco, Ministre des Affaires étrangères d’alors, pour violation de la constitution, et homicides. En réalité à cette époque, de nombreux putschs – perçus très d’un bon œil par l’administration américaine – viennent bouleverser la situation politique sud américaine, le plus retentissant d’entre eux étant celui du 11 septembre 1973, faisant tomber le Président Allende au profit du Général Pinochet au Chili. Dès lors, peut se mettre en place une campagne d’assassinat programmée à l’encontre de quiconque s’oppose au système. Cette Opération Condor concerne, dans les années soixante-dix, le Chili, le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et la Bolivie. 

Le 16 novembre 2006, le juge Dr. Robert Timbal a donc lancé un mandat d’arrêt contre MM. Juan María Bordaberry et Juan Carlos Blanco, chef de la diplomatie en 1976, pour violation de la constitution, homicides et disparitions forcées à l’encontre de MM. Zelmar Michelini et Héctor Gutiérrez Ruiz, ainsi que de Mme Rosario Barredo et M. William Whitelaw, anciens membres du Mouvement de Libération National. 

 

En réalité, après l’ouverture des archives militaires consécutive à l’élection de M. Tabaré Vasquez à la présidence de l’Uruguay en 2004, le mandat d’arrêt s’est fondé sur la découverte de documents signés par M. Blanco, relatifs aux quatre meurtres, et demandant aux ambassades uruguayennes de constituer une agence de renseignement pour persécuter les opposants à la dictature en dehors du pays, le fondement l’Opération Condor (c'est la dimension précitée de coopérations internationales).

Il aura fallu attendre 30 ans pour poursuivre les auteurs de ces crimes, les accusés encourent jusqu’à 10 ans de prison. Pour la préservation de la moralité démocratique, l’équité et le droit à un procès juste, respectant les accusés et la partie plaignante, doit être assurée pour que toute la lumière soit faite sur de tels évènements qui ne peuvent rester impunis.

Publié dans Actualité

Commenter cet article